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Le canton de Vaud se prépare au changement normatif le plus important de ces dernières années en matière de bâtiments et d’énergie. La nouvelle Loi vaudoise sur l’énergie (LVLEne), adoptée par le Grand Conseil le 3 février 2026, entrera en vigueur le 1er janvier 2027 et échelonnera ses principales obligations jusqu’en 2047.
Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Vaud s’inscrit dans une trajectoire qui concerne toute la Suisse romande. Genève a déjà renforcé en 2026 son budget cantonal dédié aux subventions pour la rénovation énergétique, tandis qu’au niveau fédéral le Programme d’impulsion 2025-2035 met sur la table 2 milliards de francs pour accélérer l’assainissement du parc immobilier national. La nouvelle loi vaudoise doit être lue dans ce cadre plus large : un Canton qui traduit en obligations concrètes une direction désormais partagée à l’échelle suisse.
Pour les propriétaires d’une maison, d’un immeuble locatif ou d’un lot de PPE dans le canton de Vaud, la question n’est plus de savoir s’il faut intervenir, mais quand et dans quel ordre.
Voici ce que prévoit le calendrier législatif.
Le Canton de Vaud a affiché deux objectifs :
Les bâtiments construits avant le 1er janvier 1986 devront, en principe, disposer d’un Certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB) d’ici à 2032. Le certificat évalue la qualité de l’enveloppe et l’efficacité énergétique globale, en attribuant une classe allant de A à G.
Plus qu’une simple formalité administrative, le CECB est l’outil qui permet de comprendre, avec des années d’avance, où intervenir en priorité : chauffage, isolation de la toiture ou des façades, remplacement des fenêtres, potentiel solaire. Un CECB+ approfondit l’analyse avec des scénarios de rénovation concrets et un plan d’investissements échelonné dans le temps — la base sur laquelle nos experts construisent, avec le propriétaire, une stratégie d’intervention réaliste plutôt qu’une liste de travaux déconnectés les uns des autres.
Les chauffages électriques directs et certains chauffe-eau électriques devront être assainis, sauf exceptions, d’ici au 1er janvier 2033. Il convient de préciser que la directive de mise en application fait aujourd’hui l’objet d’une procédure de recours et reste temporairement suspendue ; le délai légal annoncé demeure toutefois fixé à 2033. Une vérification précise de sa propre situation, avant de s’engager dans un projet, reste indispensable.
Les échéances les plus exigeantes en matière d’assainissement de l’enveloppe concernent les bâtiments présentant une surface de référence énergétique supérieure à 750 m², classés F ou G :
Attention : la surface de référence énergétique ne correspond pas nécessairement à la surface habitable ou locative indiquée dans les documents immobiliers courants. Il s’agit d’une donnée technique qui doit être déterminée selon des critères spécifiques — un point sur lequel nous voyons souvent propriétaires et administrateurs de PPE partir d’estimations imprécises.
Pour cette catégorie de bâtiments, le rôle de l’Intégrateur Bâti Durable (IBD) devient central : il coordonne les différentes phases SIA du projet, du Plan d’Orientation au Plan d’Action, en mettant en cohérence enveloppe, installations et financement plutôt que de procéder par interventions isolées et non coordonnées dans le temps.
Les chauffages au mazout ou au gaz devront être remplacés par une solution reposant sur une énergie renouvelable lorsqu’ils arriveront en fin de vie :
Le choix du système de remplacement (pompe à chaleur, bois, raccordement à un chauffage à distance) ne devrait pas reposer uniquement sur le coût de l’installation. Une pompe à chaleur installée dans un bâtiment mal isolé peut donner des résultats techniques et économiques décevants ; c’est pourquoi l’analyse de l’enveloppe, des besoins énergétiques et du futur système de chauffage doit être menée conjointement, et non par étapes séparées.
La loi introduit une obligation d’installation solaire pour les nouvelles constructions, les rénovations importantes de toiture et les surélévations. En revanche, l’idée initialement proposée d’une obligation générale pour toutes les toitures d’ici 2039 a été définitivement abandonnée : le texte final privilégie la couverture des besoins d’autoconsommation du bâtiment plutôt qu’un objectif de surface indifférencié.
Pour qui planifie une réfection de toiture par exemple, cela signifie que le projet doit désormais être conçu en considérant dès le départ le potentiel solaire, la capacité d’autoconsommation et l’état de l’installation électrique — et non ajouté après coup comme une option accessoire.
Aucune de ces échéances n’impose d’engager des travaux dès 2027.
Mais les ignorer expose à un risque bien réel : devoir financer plusieurs interventions simultanément, dans un délai trop court, à l’approche de l’échéance légale.
La première étape utile consiste à établir un état des lieux fiable : année de construction, rénovations déjà réalisées, classe énergétique actuelle, surface de référence énergétique, âge de l’installation de chauffage, état de la toiture et des façades, possibilité de raccordement à un chauffage à distance, subventions disponibles. C’est exactement le rôle que joue un Délégué Énergétique pour un propriétaire ou pour une administration de PPE : lire l’ensemble de ces éléments et les traduire en ordre de priorité, plutôt qu’en une liste de travaux déconnectés.
Pour les entreprises et les grands patrimoines immobiliers, un Audit PEIK offre le même bénéfice à plus grande échelle : un état des lieux de la consommation et un plan de mesures qui permet d’anticiper les obligations légales plutôt que de les subir, tout en optimisant l’accès aux subventions cantonales disponibles.
Dans une propriété par étages, les décisions portant sur la toiture, les façades ou le chauffage collectif ne peuvent pas être prises par un seul copropriétaire. Il devient donc essentiel d’actualiser le diagnostic énergétique de l’immeuble, de vérifier le fonds de rénovation, d’établir un plan pluriannuel des travaux et d’informer suffisamment tôt l’assemblée des copropriétaires.
Une PPE qui attend l’approche de l’échéance légale pour commencer à réfléchir risque de devoir financer plusieurs interventions dans un délai trop compressé — et de se retrouver à décider sous pression plutôt que par choix.
La performance énergétique pèse de plus en plus dans la décision des acquéreurs et des établissements financiers. Un chauffage ancien ou un CECB défavorable ne rendent pas un bien invendable, mais peuvent influencer le prix proposé, la durée de commercialisation et les conditions de négociation. Un dossier énergétique clair, au contraire, rassure : même lorsque des travaux restent à réaliser, leur identification et leur estimation évitent qu’une incertitude ne se transforme en décote excessive.
La LVLEne marque une étape, non un aboutissement isolé : elle s’inscrit dans une trajectoire énergétique suisse qui continuera d’évoluer bien au-delà de 2047. Pour les propriétaires vaudois, la stratégie la plus solide n’est pas de courir après chaque échéance séparément, mais de construire dès maintenant une lecture globale de son patrimoine immobilier — une approche qui est, depuis toujours, au cœur de notre façon d’accompagner les propriétaires : non pas comme prestataire de solutions d’urgence, mais comme conseiller énergétique de long terme.
L’avenir de la Planète. Un projet à la fois.
Sources : État de Vaud – Nouvelle loi sur l’énergie (vd.ch), État de Vaud – FAQ loi énergie 2026, État de Vaud – Chauffages et chauffe-eaux électriques.